28 March 2019

ABBEY SS. PETRI ET PAULI

Tyniec | Poland

L’abbaye de Tyniec, située aujourd’hui à l’intérieur des frontières administratives de Cracovie, est le plus ancien des monastères existant actuellement en Pologne. Les premiers bénédictins y sont arrivés vers le milieu du XIe siècle. Pourtant Tyniec a aussi une pré-histoire. Les fouilles archéologiques menées depuis quelques décennies ont apporté plusieurs preuves de l’existance d’habitations humaines sur la colline du monastère et dans ses environs déjà au premier millénaire avant le Christ. Les matériaux retrouvés (fragments de poteries, pointes de flèches, ornements, agrafes en bronze, corne et os, ainsi que le matériel osseux) viennent du déclin de l’âge du bronze et du premier âge du fer. Mille ans avant l’arrivée des moines, ces terrains étaient habités par les Celtes. Sur l’exposition lapidaire de Tyniec on peut voir plusieurs traces de leur présence ici. Généralement, on désigne les colonies celtiques de l’ouest de la Petite Pologne par le nom de „groupe de Tyniec”, à cause de la première colonie de cette entité culturelle que l’on a examinée à une échelle remarquable justement à Tyniec. 

Plusieurs communautés bénédictines se référaient à l’abbaye célèbre de Cluny, soit adoptant ses coutumes et pratiques liturgiques, soit prétendant tenir leur origine de l’abbaye bourguignonne. Tyniec a été l’une de ces communautés. Selon une légende répandue depuis le XIIIe siècle, et transmise aussi par le chroniqueur Jan Długosz, les premiers moines sont arrivés à Tyniec justement de Cluny. C’est là, disait-on, qu’était devenu moine le jeune prince Kazimierz qui, ayant obtenu plus tard une dispense du pape, avait quitté le monastère, et après avoir pris le trône de la Pologne, avait fait venir de „son” abbaye, avec l’autorisation de saint Odilon, les premiers 12 moines pour qui il avait fondé sur le rocher de Tyniec un monastère en 1044. Depuis le début du XVIIe siècle, on se référait volontiers à cette légende, faisant venir de l’abbaye de Cluny des copies de ses livres des coutumes, plaçant dans les stalles un tableau représentant son abbé saint Pierre la Vénérable, et ajoutant à la formule des voeux monastiques les paroles: sub congregatione Cluniacensi. Laissant la légende, il faut remarquer que dans le premier siècle de l’existence de Tyniec il apparaît en effet un „lien” historique avec Cluny. Or c’est le cardinal Idzi de Tuskulum, légat du pape et moine de Cluny (pour cela appelé „clunisien”) qui a établi le plus ancien des documents conservés à Tyniec, et c’est problablement lui qui a consacré la première église abbatiale. 

L’architecture de l’abbaye est le témoin de son histoire longue et orageuse. Subsistent partiellement les fondements romans de la deuxième moitié du XIe siècle (l’église) et de la jointure des XIe et XIIe siècles (une partie du monastère). Durant la deuxième moitié du XVe siècle, l’église et le monastère ont été transformés et agrandis dans le style gothique avec les matériaux des bâtiments romans. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, une nouvelle transformation a été réalisée; sur les murs gothiques de l’église on a construit des voûtes baroques. Les murs médiévaux des bâtiments ont servi de fondements des murs baroques, ce qu’on peut voir dans les parties découvertes de l’ancienne bibliothèque. Les monuments de Tyniec sont des vestiges de sa splendeur d’autrefois. La plupart de l’équipement de l’église, de la bibliothèque et des archives a été dispersé ou détruit durant le XIXe siècle, après la suppression de l’abbaye par l’occupant. Aujourd’hui les souvenirs de Tyniec sont dispersés dans plusieurs musées, archives et bibliothèques de Pologne. Les manuscrits les plus précieux se trouvent dans les fonds de la Bibliothèque Nationale de Varsovie, et entre eux: un sacramentaire du XIe siècle, des livres liturgiques du XIVe et XVe siècles et un manuscrit d’oeuvres de Josèphe Flavius. La majeure partie de la collection de livres s’est trouvée à Tarnów, et est gardée à la bibliothèque du séminaire diocésain. Dans le trésor de la cathédrale de Tarnów on conserve des calices gothiques et baroques, des ostensoirs et un antependium de l’autel en argent (à la cathédrale).

Les événements politiques de la deuxième moitié du XVIIIe siècle en Pologne n’ont pas contourné ni épargné l’abbaye. Les confédérés de Bar préparaient des lieux de résistance contre les armées russes dirigées par le général Alexandre Suvorov. En 1769 des ingénieurs militaires sont arrivés à Tyniec, commençant les travaux de l’adaptation du monastère aux besoins de la défense. L’abbaye a été changée en une forteresse moderne, dont le centre constituait la colline du monastère, defendue par un système de remparts dressés sur les collines voisines. La configuration actuelle des alentours du monastère, les jardins supérieur et moyen, ansi que les murs au long de la route qui monte sur la colline, en sont des vestiges. Les combats à Tyniec ont commencé en mai 1771 et se sont prolongés plusieurs mois jusqu’à la capitulation des confédérés devant l’armée autrichienne. A la suite des opérations militaires l’abbaye a subi de graves destructions. Après la signature du traité du démembrement en 1772, Tyniec s’est retrouvé en dehors des frontières de la Pologne. Les campagnes suivantes, du temps de Napoléon, ont contribué à la destruction et la chute de l’abbaye, et finalement à sa suppression en 1816. 

Le renouveau de Tyniec est lié à l’Abbaye Saint-André de Bruges en Belgique. On y a réalisé, pour l’usage des fidèles, une traduction du petit missel avec un commentaire. A la fin des années 20. du XXe siècle, à l’occasion de l’édition polonaise de cette oeuvre, un des moines belges, le père Charles van Oost, est venu dans notre pays. Dans un temps relativement court des propositions ont apparu pourtant de fonder un nouveau monastère bénédictin, ainsi que des candidats qu’il envoyait à Saint-André. Parmi différentes possibilités revenait sans cesse l’idée du retour à Tyniec qui se distinguait par son histoire pluriséculaire. La tête de pont de la fondation est devenue la Maison de saint Benoît, ouverte en 1936 à Rabka, avec un internat de lycéens. Après trois ans de démarches la décision fut prise finalement du déménagement à Tyniec. Cela a été possible grâce à l’accord de l’évêque de Cracovie, le prince Adam Sapieha. En juillet 1939 un petit groupe de moines a quitté Rabka pour s’installer à Tyniec. Le retour et la reprise officiels du monastère ont eu lieu 30 juillet. En 1947 les bénédictins ont entrepris la reconstruction qui n’a été terminée qu’au début du XXIe siècle. Dans les années 1947-1952 on a reconstruit l’angle sud-est du monastère. La reconstruction et la transformation des ailes nord-est, centrale et ouest ont été effectuées durant les années 80. La dernière étape: reconstruction de l’aile sud de l’ancienne bibliothèque, a commencé au milieu des années 90. Les travaux de l’adaptation de l’intérieur ont été achevés dans les années 2007-2008.

 

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