26 March 2019

DORMITION ABBEY

Jerusalem | Israel

Le 31 octobre, l’empereur Guillaume II d’Allemagne accorda au „Deutscher Verein vom Heiligen Lande“ (l’Association allemande de la Terre Sainte) le terrain sur lequel par la suite l’abbaye de la Dormition serait construite. Ainsi la fondation de l’abbaye avait comme toile de fond l’expansion coloniale des puissances européennes qui, à la fin du 19e siècle, se hâtaient d’établir leur présence dans les pays bibliques.

Après de longues discussions si ce serait aux Franciscains que l’on confierait la responsabilité, la pierre fondatrice fut posée le 7 octobre 1900. Le nouveau monastère abriterait un couvent bénédictin à la charge de la congrégation allemande de Beuron.

Le 21 mars 1906, alors que les travaux de construction n’étaient pas encore finis, les trois premiers Bénédictins arrivèrent au Mont Sion.

L’église fut consacrée solennellement le 10 avril 1910. Les années suivantes étaient marquées de la croissance progressive de la communité. Plusieurs monastères de la congrégation envoyèrent des moines pour assurer les tâches quotidiennes dans l’église et la communauté, y compris des moines avec formation scientifique qui se dévouaient aux études des Écritures saintes, de l’archéologie et de l’histoire du pays.

Pendant la Première Guerre mondiale, les moines étaient forcés de quitter le monastère en novembre 1918. L’armée britannique les interna dans un camp égyptien près d’Alexandrie. De mars 1919 à juillet 1920, des Bénédictins de l’abbaye de Maredsous en Belgique résidaient dans la Dormition. En janvier 1921, les moines allemands, avec leur nouveau supérieur Maurus Kaufmann OSB, retournèrent au Mont Sion. Ils devaient pour ainsi dire recommencer à zéro, une expérience qui se répétirait encore plusieurs fois pendant les premiers cent ans.

En 1926, le monastère fut elevé au rang d’abbaye, et Maurus Kaufmann fut nommé premier abbé.

Pendant les années suivantes, le nombre de moines augmenta, par moments, il y en avait plus que quarante. Des éléments importants du décor intérieur de l’église furent ajoutés, comme la mosaïque de l’apse, la grande mosaïque du sol de l’église supérieure, plusieurs autels de chapelle et la statue de la Vierge dans la crypte.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, on interna de nouveau le clergé et les moines allemands. Les Lazaristes allemands qui étaient en charge du sanctuaire de la multiplication des pains et de la ferme de Tabgha prés du lac de Tibériade, durent quitter le pays. L’Association allemande de la Terre Sainte, qui était propriétaire de Tabgha, demanda l’aide des Bénédictins du Mont Sion. C’est ainsi qu’en automne 1939 commença l’histoire de „Tabgha bénédictine“ qui continue jusqu’à nos jours.

Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté, tout en essayant de se positionner dans un monde changeant rapidement, se trouvait devant un nouveau défi: la guerre de 1948 éclata entre l’état d’Israël, qui venait d’être fondé, et ses voisins arabes.


Cette guerre avait plus d’effets destructifs sur notre monastère que toutes les guerres précédentes et suivantes. De nouveau, la communauté toute entière était forcée de quitter le Mont Sion et endura l’internement jusqu’en juin 1948. Pire encore, l’abbaye se trouvait sur la frontière entre deux mondes: Le Mont Sion était occupé par les Israéliens pendant que le parti jordanien-arabe occupait la vielle ville. La Dormition, située en no man’s land, était en première ligne entre les deux antagonistes.

Après la fin de la guerre, Leo von Rudloff OSB de l’Abbaye de St. Joseph à Gerleve fut envoyé pour évaluer cette situation difficile. Une fois de plus, on osa un nouveau départ. Après des négotiations avec les Israéliens, il était capable de resaisir le monastère, d’abord comme prieur, ensuite comme abbé de la Dormition. Il établit de nombreux contacts avec le monde juif en ouvrant l’abbaye pour sa nouvelle situation dans un nouvel état.

En juin 1967, la Guerre des Six Jours emporta le Proche Orient – et avec lui l’abbaye de la Dormition – dans la crise suivante, alors que les ombres de la guerre de 1948 avaient à peine disparues. Mais à sa fin, Jérusalem était de nouveau unifiée et complètement sous contrôle israélien.

Le prieuré de Weston, qui avait été fondé par l’abbé Leo von Rudloff en 1953 comme soutien pour la Dormition, gagna son indépendance en 1968 et décida de suivre son propre chemin. En 1969, von Rudloff démissionna comme abbé et se retira au monastère de Weston. Une fois de plus, notre communauté se trouva à un tournant de son histoire, face à la possibilité de sa fermeture immédiate.

Cette fois-ci, ce fut Laurentius Klein OSB, ancien abbé de St. Matthias à Trèves, qui comprit les signes des temps. Lui aussi était envoyé au Mont Sion pour évaluer la situation et pour examiner si et de quelle façon la vie à la Dormition pourrait continuer. Comme théologue profondément marqué par l’esprit du Vatican II, il reconnu que le Mont Sion était un lieu idéal, en termes géopolitiques ainsi que religieux, pour se concentrer sur les religions abrahamiques et les confessions chrétiennes, et pour s’engager au dialogue œcuménique et à la rencontre entre le Judaïsme et l’Islam. C’est pourquoi il établit l’Année d’études théologiques, et il est révéré comme père intellectuel et spirituel par les près de 1000 étudiants qui en ont fait parti au fil des ans.

Encore une fois, la vie et le travail à l’Abbaye se voyait à un nouveau début. Depuis les années 1970, la Dormition est non seulement devenue un centre de prière et de liturgie, mais aussi un lieu d’échange d’idées et de rencontres des religions, de recherches culturelles et scientifiques.

En 1979, les moines furent, pour la première fois, autorisés d’élire eux-mêmes leur abbé, les supérieurs précédents ayant été nommés par les autorités de l’Église et de l’ordre bénédictin. Pendant le mandat du nouvel abbé Nikolaus Egender OSB (du monastère de Chevetogne en Belgique), beaucoup d’activités œcuméniques et culturelles se concentraient sur l’abbaye. Mais en 1995, l’avenir de la Dormition était encore une fois en jeu: la situation économique désespérée du monastère et le manque de personnel monastique rendait sa continuité très incertaine. Pourtant, Benedikt Lindemann OSB, de l’abbaye de Königsmünster à Meschede, fut élu comme abbé en 1995. Il lança un processus de réhabilitation économique et de consolidation structurelle qui sauva le monastère.

Après que notre monastère à Tabgha fut élévé au rang d’un prieuré dépendant de la Dormition en août 2003, l’ancien édifice, inadéquat et délabré, fut remplacé par un nouveau bâtiment (2009-2012) plus adapté au développement d’une vie et culture monastique sur le site de la multiplication des pains.

Depuis son élection en juillet 2011, Gregory Collins OSB, de Glenstal Abbey en Irlande, est le sixième abbé de la Dormition. Peu après son entrée en fonction, l’Abbaye et le prieuré de Tabgha furent acceptés comme membres de la Congrégation de l’Annonciation.

 

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