28 March 2019

MISSION DE CHUCUITO ET ÑAÑA

Ñaña | Peru

Dès 1962, les moines de Wavreumont envisagèrent une implantation dans un pays où la vie monastique masculine n’existait pas. C’est ainsi qu’en 1966-1967 une équipe de trois moines arriva à Lima ; et en 1968 se construisit un petit monastère à Ñaña, à la périphérie, encore rurale en ce temps-là, de la capitale. La fondation eut sa fécondité, mais le choc de la pauvreté des bidonvilles (« pueblos jóvenes ») en pleine expansion, les forts mouvements sociopolitiques de l’époque et les remous postconciliaires eurent raison de l’entreprise, et la fondation se termina en 1979.
De forts liens demeurèrent cependant, et à la demande de laïcs péruviens, une deuxième fondation démarra, en 1991, par l’envoi de trois moines à Ñaña. L’accent de cette nouvelle aventure devait être mis sur la vie conventuelle, d’une part, et l’option préférentielle pour les pauvres, chère á l’Eglise d’Amérique latine (Medellin, Puebla, Aparecida). Mais Ñaña, ce lieu autrefois tranquille, était gagné par l’extension de la ville. Aussi, en 1992, la communauté, invitée par l’évêque du lieu, alla s’établir à Chucuito-Puno, un village andin à 3870 m d’altitude, au bord du lac Titicaca, laissant Ñaña aux soins de membres de la fraternité laïque bénédictine, qui s’était créée autour d’une oblate bénédictine. Les moines habitèrent au sein du village de Chucuito pendant six ans, puis, en raison de l’arrivée de jeunes péruviens en demande d’une vie monastique plus classique, ils construisirent au bord du lac un petit monastère, apte aussi à accueillir des hôtes pour retraites et sessions.
A Chucuito comme à Ñaña (où durent redescendre quelques moines), notre famille bénédictine a toujours voulu privilégier les options suivantes :
- être une communauté contemplative, insérée parmi les plus pauvres
- s’inspirer en tout de l’option préférentielle pour les pauvres (cf. supra)
- être présence priante et solidaire au milieu de l’Eglise locale
- vivre notre vœu de stabilité au milieu d’un peuple et d’une culture, (la culture aymara à Chucuito), considérant l’interculturalité, c’est-à dire les échanges respectueux et profonds, comme notre priorité, sans négliger les cultures autres, y compris métissées et postmodernes, également présentes dans la région et à Lima.
- être discrètement, par notre style de vie, témoins de la non-violence, au sein d’une société profondément marquée par l’injustice, l’oppression et la violence.

La tentative de fonder un monastère classique, avec de jeunes péruviens venus de diverses régions du pays, échoua après quelques années d’enthousiasme, en raison de graves difficultés.
Surprise de l’Esprit Saint, les deux moines belges restés à Chucuito furent bientôt accompagnés pour un an, en 2007, par un jeune couple péruvien en quête de formation chrétienne profonde. Ensuite, une moniale cistercienne péruvienne souhaita partager dans la durée leur vie monastique insérée en milieu pauvre et andin. Notre Abbé Président voulut encourager cette évolution en proposant le recours à la formule monastique de l’oblature régulière. Sous cette modalité, deux sœurs (belge et française) se joignirent à la communauté (l’une d’elles comme ermite), puis un frère argentin. Ainsi, notre communauté compte aujourd’hui 7 membres, de 4 nationalités différentes, formant comme un petit laboratoire de l’inter culturalité et de la convivialité entre hommes et femmes. Depuis plusieurs années, nous avons ouvert au monastère ce que nous pourrions appeler une « école spirituelle bénédictine » où nous accueillons pour une période longue des personnes, prêtres, religieux/ses ou laïcs, qui souhaitent se reconstruire intérieurement au contact de la vie bénédictine et du monde spirituel andin. Et le monastère accueille continuellement des hôtes en quête d’un temps de retraite ou de ressourcement.
Des membres de notre communauté ont fondé, en 2000, avec d’autres, l’Ecole Emmaüs de formation à l’écoute et à l’accompagnement spirituel, et ensuite, des Centres d’écoute Emmaüs et des équipe d’écoute en milieu carcéral. Un frère collabore à l’Institut IDECA d’Etudes des Cultures Andines, à Puno. Certains membres collaborent à l’Association Alumnos del Perú, qui contribue, à Ñaña et à Chucuito, à l’éducation intégrale d’enfants en âge scolaire, et qui attribue des bourses d’études supérieures et secondaires. 
Le monastère de Ñaña est géré par la fraternité bénédictine laïque, qui y trouve son lieu de formation, de ressourcement et de célébration ; il compte avec la présence d’un moine belge et, temporairement, d’un prêtre mexicain. Il reçoit des hôtes en retraite et offre un programme annuel de retraites organisées. Il vit en étroite solidarité avec son voisinage, et avec la paroisse du lieu.
Attentifs à « ce que l’Esprit dit aux églises », nous nous efforçons de répondre à ses inspirations.

 

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