28 March 2019

PRIORY AT EWU-ESAN

Ewu-Esan | Nigeria

Le monastère Saint-Benoît d’Ewu-Esan, au Nigéria, a été fondé, en 1979, par un groupe de moines irlandais venant de l’abbaye de Glenstal en Irlande, et par un moine anglais de l’abbaye de Ampleforth, le père Columba Cary-Elwes (o.s.b.).Le projet était d’introduire la branche monastique bénédictine dans cette partie de l’Afrique. Un concours de circonstances le rendit possible : les moines de Glenstal souhaitaient implanter la vie monastique bénédictine en Afrique, d’une part ; monseigneur Okoye (c.s.s.p.), évêque du diocèse d’Enugu dans l’Est du Nigeria recherchait’une communauté monastique désireuse de venir établir un monastère dans son diocèse, d’autre part. Ces deux désirs convergèrent de telle sorte que les moines irlandais aboutirent à Eke dans le diocèse d’Enugu. Ils durent quitter Enugu, peu de temps après, pour deux raisons. La première tenait au terrain qu’ils avaient reçu. Celui-ci était quelque peu caillouteux, pas assez fertile et la population locale s’en était approprié certaines parties. A cette première raison s’est ajoutée une seconde : il existait déjà un monastère dans le diocèse d’Enugu, le monastère d’Awhum, qui rejoignit plus tard l’ordre cistercien. Pour ces raisons, le groupe des moines irlandais, aidé par quelques compatriotes missionnaires œuvrant dans ce qui était alors le diocèse de Benin Ville, dans le Nigeria moyen-occidental, déménagea et installa, en juillet 1979, sur le site actuel d’Ewu-Esan, un monastère qui prit le nom de monastère Saint-Benoît. Ewu fait aujourd’hui partie du nouveau diocèse d’Uromi, issu de la scission de l’archidiocèse de Benin Ville.

Ewu-Esan, le village où le monastère Saint-Benoît se trouve, est situé sur une colline, à l’intérieur de l’État d’Edo, qui fait partie du Nigéria moyen-occidental. Il se situe exactement à 100 kilomètres au Nord de l’ancienne ville de Benin, le long de la voie rapide Benin-Auchi. Le terrain est très fertile, et convient particulièrement pour la culture des céréales comme l’igname, le manioc, le plantain, le maïs, l’huile de palme, ainsi que des fruits tropicaux tels que la papaye, la banane, l’orange, la mangue, l’ananas et l’avocat.

Ewu est un de ces villages nigérians où l’on trouve en un seul lieu, vivant dans une bonne entente mutuelle, des adeptes des trois religions principales, à savoir la religion africaine traditionnelle nigériane (ATR), l’islam et le christianisme. Il n’est pas rare de trouver dans une même maison ou au sein d’une même famille des personnes de religions différentes. Il arrive que les enfants de parents musulmans soient tantôt musulmans, tantôt chrétiens. On peut aussi trouver dans une même famille des membres adeptes de la religion africaine traditionnelle nigériane, tandis que les autres sont chrétiens et/ou musulmans. L’appartenance à telle ou telle religion ne constitue pas un problème au village d’Ewu. Le monastère se situe à l’extrême limite d’Ewu, à proximité d’un autre royaume, le royaume Abgede, qui partage avec Ewu une frontière commune (au nord d’Ewu). On y trouve une autre tribu (la tribu Etsako), et une population très différente de celle d’Ewu (la tribu Esan). Le peuple Agbede, quoique voisin, parle une autre langue et sa culture est très différente de celle d’Ewu. Agbede est un territoire majoritairement musulman ; il s’agit même d’un territoire où la population pratique un islam rigoriste. Celui qui se convertit au christianisme s’y trouve automatiquement frappé d’ostracisme et est exclu tant de sa famille que de son village. Le monastère Saint-Benoît se trouve ainsi situé entre deux villages adoptant vis-à-vis de la religion des attitudes diamétralement opposées. Autant Ewu est positif, fraternel, tolérant et convivial ; autant Agbede est hostile et intolérant à l’encontre de tout qui n’est pas musulman (particulièrement les chrétiens). Le roi du territoire d’Ewu (l’Onoje), par exemple, doit être musulman, mais est considéré par tous comme un père et se montre amical et accueillant vis-à-vis de tous, sans discrimination à l’égard des chrétiens et des adhérents de la religion africaine traditionnelle.

S’étant développée et étant devenue un prieuré simple en 1992, la communauté de Saint-Benoît d’Ewu, a accueilli son premier supérieur nigérian en 1996, Frère Vincent Mordi, o.s.b. Au cours de la seule année 1999, la mort a frappé à deux reprises, enlevant deux des pères fondateurs irlandais : le Frère Kevin Healy, o.s.b., le 31 juillet, et le Père Abbé Augustine O’Sullivan, o.s.b., le 7 décembre. Les derniers moines, parmi les pionniers européens, ont quitté définitivement le Nigéria, , au cours de l’année 2000, retournant à l’abbaye de Glenstal. Depuis, la communauté homogène se compose uniquement d’africains.

Le prieuré d’Ewu est devenu indépendant le 11 juillet 2006. Le 30 avril 2010, le monastère a élu son premier supérieur : Frère Peter Ovoeta Eghwrudjakpor, o.s.b., prieur conventuel.

La communauté monastique d’Ewu reflète la riche diversité culturelle du peuple nigérian. Les 41 frères proviennent de 15 groupes ethniques différents au Nigéria et d’un au Togo. La principale source de revenus de la communauté consiste dans la production de remèdes traditionnels à base de plantes. Le centre de médecine par les plantes du monastère et le laboratoire de recherche (« Pax Herbals ») dispose d’un réseau à travers tout le pays, au point que la dénomination « Pax Herbals » est devenue un nom devenu commun et très connu des Nigérians. On trouve des points de vente des produits « Pax Herbals » dans la plupart des villes et cités. Les autres activités commerciales des moines d’Ewu consistent en l’exploitation d’une ferme agricole d’une certaine importance (incluant une plantation en vue de la production d’huile de palme), un poulailler assez important et une ferme piscicole. Du monastère dépend aussi une boulangerie dédiée à la fabrication de pains de froment complet. Parmi les autres activités, on peut citer une libraire religieuse, un rucher et une hôtellerie accueillant des retraitants, des personnes désireuses d’un accompagnement spirituel, ainsi que des hôtes et visiteurs du monastère de toutes sortes, aussi bien chrétiens (catholiques ou non) que non catholiques (surtout des musulmans, mais aussi d’autres groupements religieux ainsi que des personnes sans appartenance religieuse).

 

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